Habitat participatif : le CAUE à vos côtés

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Habitat participatif : le CAUE à vos côtés

L’habitat participatif séduit de plus en plus de citoyens. Mais si l’idée est belle et les projets nombreux, leur réalisation effective est bien compliquée. Le CAUE 30 est associé à plusieurs projets dont celui de l’association Ecohabiter Gardonnenque. Cette dernière organisait une soirée d’information publique  à Alès le 10 janvier dernier. Une belle occasion pour le CAUE 30 de faire un état des lieux  de l’habitat participatif en France et de répondre aux nombreuses questions de l’assemblée.

L’association Ecohabiter Gardonnenque porte depuis plusieurs mois un  projet d’habitat écologique groupé. Il regroupe six familles et concerne un terrain d’environ 5000 m2 à Mauressargues. L’objectif ? Disposer d’un habitat construit en matériaux sains, concevoir des parties communes permettant de mutualiser usages et équipements : buanderie, salle commune, chambre d’amis, etc. Sans oublier un jardin potager commun.

Appel aux familles…

Pour que le projet soit viable, il faut recruter de nouvelles familles intéressées et motivées. Sur les dix habitations prévues, six ont déjà trouvé preneurs. L’association a demandé au CAUE 30 de les accompagner, notamment en participant à la soirée publique  le 10 janvier 2013 organisée à Alès par la Maison de la Nature et de l’Environnement. Florence Fombonne-Rouvier, urbaniste, et Pascale Parat-Bezard, socio-anthropologue du CAUE 30 ont ainsi pu présenter à l’assemblée des retours d’expériences d’habitat participatif au niveau national ainsi qu’une enquête menée auprès des élus  en 2010 et qui  fait le constat de l’offre et la demande dans le département.
Elles portent régulièrement la démarche d’habitat groupé en autopromotion auprès des collectivités locales dans le cadre du conseil pour des études de faisabilité, notamment.

Et dans le Gard, où en est-on ?

La démarche est nettement plus développée en Europe du Nord. Plusieurs initiatives émergent et aboutissent  en Languedoc-Roussillon depuis quelques années, portées par le  contexte économique difficile, la crise du logement et les préoccupations environnementales croissantes.
En 2010, l’association Ecohabiter’30 (regroupant des porteurs de projet) avait déjà sollicité le CAUE du Gard dans le cadre de sa mission de sensibilisation et d’appui aux associations, pour piloter une réflexion sur le thème de l’habitat groupé en autopromotion. A leur demande, le CAUE a accueilli et encadré une stagiaire pour un diplôme de fin d’études en psychologie de l’environnement. Son travail a fait ressortir que les populations considèrent les élus locaux comme un frein au développement de cette forme d’habitat participatif. En Avril 2010, le CAUE a décidé de vérifier cette hypothèse auprès des  élus gardois par une enquête par voie postale. Le but était, dans un premier temps, d’accompagner les acteurs intéressés par la démarche et d’évaluer les valeurs culturelles  attachées à celle-ci.

L’objectif de ce travail de fond (réflexion socio-anthropologique avec observation des porteurs de projet in situ,  entretiens et  enquête par questionnaire) est la constitution d’une base tangible sur laquelle prendre appui afin :
– d’amorcer les discussions dans le cadre d’actions de sensibilisation et communiquer autour de cette démarche
– favoriser une meilleure appréhension de la démarche d’habitat groupé en autopromotion de la part de l’ensemble des acteurs (élus, professionnels, habitants, associations…) pour des solutions alternatives aux lotissements et leur logique d’étalement urbain ;
– communiquer autour de cette démarche.

Cette enquête a été envisagée en partie comme une étude de marché permettant de confronter l’offre et la demande. Elle a été réalisée par voie postale et a bénéficié d’un bon taux de participation (37% contre 20-25% en théorie pour ce type d’enquête) ce qui témoigne d’un enjeu réel pour les collectivités locales du département.

Les résultats ?

Ils ont confirmé l’intérêt des élus pour cette démarche et les éléments restant à mobiliser pour un engagement de leur part. L’enquête a aussi révélé l’inadéquation entre les territoires (péri-urbains, ruraux…) convoités par les groupes d’habitants et ceux prêts à recevoir les porteurs de projet.
Ce travail dont le traitement a respecté la confidentialité des répondants leur a permis de mieux cibler les représentations et les attentes des différents partenaires (publics et privés) qui soutiennent ces types de projets. Les suites données à cette action ont été nombreuses comme par exemple l’organisation d’un workshop étudiant dans la commune de Gagnières en 2011.

Frein réglementaire

Face aux questions très pertinentes de l’assemblée, Florence et Pascale ont  également rappelé que des aspects réglementaires peuvent parfois compromettre ce type de démarche lorsqu’on souhaite l’appliquer à un habitat vertical.

Tous les espoirs restent toutefois permis pour le développement de cette forme d’habitat participatif à l’avenir. En effet, des travaux auxquels participent la fédération nationale des CAUE sont actuellement engagés par le ministère de l’égalité des territoires et du logement dans le cadre d’un projet de loi.

Vous êtes intéressé(s) par la démarche ? N’hésitez pas à contacter le CAUE du Gard.

Présentation CAUE 30

L’habitat participatif, un projet de longue haleine

Pour en savoir plus  :

  • Un exemple d’habitat participatif en cours de réalisation à Marseille, place des Habeilles et une interview très instructive des membres du collectif.
  • Vous pouvez également télécharger l’article sur l’enquête réalisée auprès des élus, parue dans le journal (p.42) de l’union régionale des CAUE LR en 2011.
  • Pour aller plus loin : les résultats complets de l’enquête sur l’habitat groupé en autopromotion auprès des maires du Gard. Téléchargez : Résultats bruts Habitat Groupé

 

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